Trois tickets à gratter sur quatre sont perdants. A la louche, Pascal Monnier estime qu’ils représentent chaque année l’équivalent de 3 000 Tours Eiffel. Sur le terrain, l’adjoint au maire d’Angoulême1 constate qu’ils posent un problème de propreté urbaine. Quand ils ne sont pas jetés par dépit dans la rue, ils échouent plutôt dans la poubelle de déchets ménagers que dans le bac de recyclables. « La Française des Jeux acquitte bien son « Point vert » à Citeo, les 2,8 milliards de tickets qu’elle émet chaque année sont parfaitement recyclables mais pas considérés comme tels par les buralistes et les joueurs : le déchet est jugé pollué », observe Pascal Monnier.
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La FDJ n’a pas pris les devants
Selon son promoteur, cette « idée de bon sens » fait écho aux « cartes de fidélité proposées par la grande distribution ainsi qu’à la consigne, ancrée dans la mémoire collective ». « Ramener le ticket chez le buraliste deviendrait vite un geste naturel, permettant de viser le 100 % recyclage. » Pascal Monnier projette de rencontrer prochainement la direction de la Française des jeux : la pétition lancée sur www.change.org s’approche des 1 000 signataires, seuil qu’il s’est fixé pour « être crédible ». Informée de son initiative, l’entreprise ne l’a pas contacté.
Il s’agira ensuite de convaincre des parlementaires, des associations potentiellement bénéficiaires (Emmaüs Charente se montrant déjà intéressée) et la confédération des buralistes. Localement, ces derniers accueillent favorablement l’idée de cagnottage, qui assurerait du passage à leurs commerces. « Nourrir l’opium du peuple » est le point faible du système, reconnaît Pascal Monnier, persuadé que, si la Française des jeux investissait dans un système de cartes de fidélité, elle ne serait à l’arrivée « pas perdante ».
1. : en charge de la propreté urbaine, en charge de l’urbanisme, de la prospective, du développement durable et des bâtiments.