Arsenic, chrome, cobalt, plomb, nickel… Ces métaux lourds, ainsi que des traces de pétrole, ont été retrouvés dans des herbicides à base de glyphosate par une équipe de chercheurs de l’Université de Caen Normandie. Les professeurs Gilles-Eric Séralini, Nicolas Defarge et Joël Spiroux ont étudié 14 formules d’herbicides à base de glyphosate ainsi que leurs impacts sur les plantes et des cellules humaines. Leurs conclusions : « les herbicides à base de glyphosate ont été montrés comme contenant des métaux lourds dont l’arsenic. Ces produits ne sont pas déclarés et normalement interdits pour leur toxicité », indique le rapport d’étude. Par ailleurs, « sur les plantes, les formulants (type Polyoxyéthylène amine - POEA) sont toxiques sans glyphosate, et le glyphosate semble le devenir seulement à des niveaux plus élevés que les doses agricoles ». Enfin, sur les cellules humaines, « les formulants composés de résidus de pétrole sont beaucoup plus perturbateurs endocriniens et toxiques que le glyphosate ». Le cocktail de formulants toxiques présents dans les herbicides à base de glyphosate serait donc plus dangereux que le glyphosate lui-même, selon ce rapport publié ce lundi 8 janvier dans la revue Toxicology Reports. Ce qui remet donc en cause les analyses de toxicité des herbicides, portant seulement sur le glyphosate.
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A noter que cette étude devait à l’origine paraître le 31 mai 2017 dans la revue PlosOne. Elle « a finalement vu sa publication repoussée pour des raisons fallacieuses », précise l’Université de Caen Normandie. « On peut soupçonner les lobbies d’avoir été à l’œuvre pour simplifier le débat sur le glyphosate », ajoute-t-elle.
Consulter l’intégralité de l’étude en ligne.