Depuis deux semaines, les compagnies aériennes, qui ont vu leur activité réduite de 70 à 90 % en raison de l’épidémie de coronavirus, multiplient les appels pour obtenir un soutien financier des gouvernements. Plusieurs États ont déjà pris des mesures de soutien au secteur, comme les États-Unis qui ont annoncé fin mars un plan de 50 milliards de dollars destiné aux compagnies aériennes. En France, le gouvernement a décidé mercredi dernier de reporter le prélèvement de certaines taxes dues par les compagnies aériennes et d’étaler leur remboursement en 2021 et 2022, avec l’aval de Bruxelles. Une aide financière plus massive en soutien d’Air France-KLM est également envisagée.
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Et pour cause, l’avion reste le mode de transport le plus polluant. En effet, si les compagnies traversent une crise importante, le transport aérien a connu une croissance très forte ces dernières années. Cette croissance a notamment un impact très important sur le dérèglement climatique : l’aviation est responsable d’environ 5 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (CO2 compris). Pour Sarah Fayolle, chargée de campagne transports à Greenpeace France, "le secteur des transports doit être transformé en profondeur, sans quoi la crise sanitaire risque d’être suivie d’une succession de crises écologiques. Au-delà des aides d’urgence qui doivent d’abord assurer la protection des travailleur-euses, il sera nécessaire de limiter les transports les plus polluants, comme l’avion, et de soutenir la création d’emplois autour de transports plus écologiques, tels que le train".