La campagne betteravière 2023 est la dernière campagne pour laquelle un arrêté dérogatoire à l’interdiction d’utilisation des néonicotinoïdes est susceptible d’être adopté par les ministres chargés de l’Agriculture et de l’Environnement. Crédit : Pixabay
Confronté à une crise de la betterave sucrière, le ministère de l’Agriculture lance une consultation jusqu’au 24 janvier 2023 portant sur l’emploi de néonicotinoïdes pour la troisième année consécutive. Une « dérogation injustifiée », juge Générations futures.
Autorisée provisoirement en 2021 et en 2022, la réintroduction des néonicotinoïdes pour protéger les cultures de betteraves contre la jaunisse virale fait de nouveau débat. À la demande des planteurs de betteraves, le ministère de l’Agriculture soumet à la consultation du public,jusqu’au 24 janvier, un projet d’arrêté portant sur une nouvelle dérogation pour « l’emploi de semences de betteraves sucrières traitées avec des produits phytopharmaceutiques contenant les substances actives imidaclopride ou thiamethoxam ».
Responsables de la mort des abeilles, les néonicotinoïdes ont été bannis en 2018. Mais c’était sans compter la dérogation votée au Parlement qui permet au gouvernement de réintroduire provisoirement ces substances pour trois ans en fonction des prévisions climatiques saisonnières et de l’arrivée précoce de pucerons. C’est dans ce sens que le projet d’arrêté entend autoriser jusqu’au 1er juillet 2023 l’utilisation des néonicotinoïdes à la betterave sucrière pour une durée maximale de 120 jours. Ce texte définit également les cultures qui pourront être replantées sur ces parcelles les années suivantes.
Une pression virale « moindre »
Si la CGB (Confédération générale des planteurs de betteraves) évoque une forte pression des pucerons qui disséminent les virus, de son côté Générations futures affirme « que les données pour une prévision d’un impact important de la jaunisse sur les cultures de betteraves ne sont pas réunies ».
Selon l’association la pression virale est bien moindre qu’en 2020 et 2021. « Aucune plante n’est positive aux virus (de la jaunisse) à date du début décembre. Seuls, six plantes ont un statut « douteux ». Or pour qu’un risque puisse être prévu il faudrait pouvoir arguer à la fois d’un réservoir viral important ET de l’apparition précoce de pucerons servant de vecteur au virus », déclare Générations futures. Ainsi, François Veillerette, porte-parole de Générations Futures demande « aux Ministères concernés [de la Transition écologique et de l’Agriculture, ndlr] de renoncer à accorder cette dérogation injustifiée pour des substances extrêmement dangereuses pour l’environnement et la santé ».