EM : Quel est l’état actuel du marché des batteries ?
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Dans un monde où le besoin en batteries est croissant, on estime d’ici une dizaine d’année une multiplication par 14 de la demande. Cela crée un espace pour de nouveaux acteurs sur le marché des batteries et le zinc en fait partie.
EM : Comment EasylZinc a-t-elle démarré son aventure ?
L’aventure a commence à la suite d’un dépôt de brevet de Zincate de Calcium, une matière active pour la production de batteries au zinc. Les fondateurs d’EasyZinc étaient convaincu dès le départ que la batterie allait jouer un rôle très important, et que la batterie au lithium n’allait pas être la réponse à tous les futurs besoins.
En parallèle, ils voyaient l’intérêt que représentent les batteries au zinc pour répondre aux besoins à la fois économique et environnemental. Il y avait le souhait d’aller plus loin dans un marché des batteries au zinc émergeant, notamment dans le stockage de l’énergie.
EM : Pourquoi le choix s’est-il porté sur le zinc ?
C’est un matériau très abondant, nous avons différentes mines de zinc en Europe comme en Espagne et au Portugal. Il y a des milliards de tonnes de zinc qui sont identifiés en tant que ressource, en parallèle ce sont 70 millions de tonnes qui sont identifiés pour le lithium, cela donne une idée en termes d’abondance.
Le zinc est recyclable, c’est sa plus grande force. Il est très peu toxique et il ne présente aucun risque en termes de sécurité puisqu’il n’est pas inflammable. Puis en termes de prix, sur le zinc on assiste à une volatilité qui reste acceptable comparée à celle du lithium. Aujourd’hui, nous pensons que parier sur une solution au zinc avec une chimie verte dont la volatilité du prix est acceptable, a plus de sens que de parier sur le lithium.
EM : Concrètement, qu’est-ce que fabrique Easylzinc ?
À EasylZinc on ne fabrique pas la batterie au zinc. La batterie est composée de cellules et de 50 % de matière active. Nous apportons ces 50 % de matière active aux fabricants de batteries qui sont spécialistes des cellules. Nous avons notamment développé un procédé de production de Zincate de Calcium que nous avons breveté avec des additifs en cours de synthèse comme le nitrure de titane. Nous essayons d’utiliser les procédés les moins énergivores, les plus économes en eau et d’éviter certaines étapes qui recourent à certains polluants. Cet ensemble nous permet de respecter les principes de la chimie verte qui fait partie de l’ADN de la startup.
Dans notre processus de production la question environnementale est certes présente, mais celle-ci est pensée en relation avec la viabilité économique. Il faut que la solution qui est environnementalement intéressante soit également économiquement viable. Lorsqu’on présente un procédé qui coche tous les aspects environnementaux mais que celui-ci n’est pas viable économiquement, personne ne l’utilisera. On veille à cet équilibre entre externalité environnementale positive et la viabilité économique.
Plus globalement, l’objectif est de s’insérer de façon innovante dans la chaîne de valeur des matières actives et d’apporter une solution prête à l’emploi à ces fabricants qui répond à leur besoin selon les applications, par exemple il y a le stockage de l’énergie qui va demander une certaine recette. Notre rôle est d’apporter cette recette optimisée, et c’est à travers des tests croisés que nous arrivons à adapter notre solution.
EM : Quelles sont les perspectives de développement ?
Il y a très peu d’acteurs qui sont positionnés comme nous sur ce marché, donc ce sont des perspectives énormes qui nous attendent. Aujourd’hui nous travaillons sur le développement de pilotes industriels. Nous avons déjà remporté un projet européen qui apporte des supports financiers assez conséquents. Pour soutenir notre développement, nous lançons des lignes pilotes des matières actives et de composites pour améliorer la performance et répondre aux besoins des industriels. Cette production s’effectue à Sainte-Hélène-du-Lac près de Chambéry dans un centre d’innovation que nous venons de créer. Nous sommes également dans une phase de renforcement de nos effectifs.
Pour le moment nous attendons d’en savoir davantage sur nos capacités financières et les levées de fonds que nous pouvons boucler pour les différents projets d’industrialisation. Mais à terme, nous avons deux possibilités : permettre aux industriels de batteries de fabriquer sous licence nos procédés ou encore nous avons la possibilité de produire un gros tonnage sur nos sites.
Pour finir, nous avons déjà des commandes pour des fabricants aux États-Unis. Présage d’un avenir heureux pour les batteries au zinc.