Le nouvel engagement climatique du Brésil serait "moins ambitieux". Crédits : pixabay
Six jeunes militants pour le climat poursuivent l’État brésilien en justice devant la Cour suprême. Selon eux, le gouvernement a présenté un engagement climatique moins ambitieux pour l’Accord de Paris.
L’Affaire du Siècle pour la justice climatique en a inspiré plus d’un… Cette fois-ci c’est l’Etat brésilien qui paie le prix en étant attaqué en justice par six jeunes militants pour le climat. Ces jeunes membres d’Engajamundo et de Fridays For Future Brasil, ont lancé une action en justice devant la Cour suprême contre le gouvernement brésilien. Motif invoqué : le nouveau plan d’action climatique du gouvernement serait moins ambitieux que la précédente NDC (Contributions déterminées au niveau national) pour l’Accord de Paris.
Cette initiative judiciaire est soutenue par huit anciens ministres de l’environnement. En attaquent l’Etat, ces derniers souhaitent que le ministre de l’environnement, Ricardo Salles, et le gouvernement Bolsonaro « soient tenus responsables de ce qu’ils qualifient d’embrouille au carbone ».
« Aller en justice est le seul moyen de contrer des politiques publiques comme celle-ci, qui mettent en péril notre avenir et nous éloignent de plus en plus des objectifs de l’Accord de Paris, qui sont déjà insuffisants. Le tour de passe-passe de la comptabilité carbone réalisé par ce gouvernement est une menace non seulement pour la jeunesse brésilienne, mais aussi pour la planète entière », a commenté Marcelo Rocha, de Fridays for Future Brasil.
Objectif moins ambitieux
Pour rappel, en 2015 le Brésil s’était engagé à réduire ses émissions de 37 % à l’horizon 2025 par rapport à leurs niveaux de 2005. L’engagement fixait également un niveau d’émissions nettes de 1,3 milliard de tonnes équivalents CO2 en 2025, et de 1,2 milliard de tonnes en 2030.
Toutefois, le gouvernement brésilien a revu à la baisse ses ambitions en matière d’engagement climatique. Le nouveau NDC prévoit un niveau d’émissions nettes de 1,76 milliard de tonnes en 2025 et de 1,6 milliard de tonnes en 2030.
« Le Brésil a réussi l’exploit d’avoir un objectif moins ambitieux que le précédent. Il s’agit d’une violation flagrante de l’Accord de Paris, qui n’admet qu’une augmentation du niveau d’ambition des CDN et jamais une réduction », a déclaré Txai Bandeira Suruí, de Engajamundo.