Le secrétaire d’État auprès du ministre de la transition écologique, Sébastien Lecornu, l’avait annoncé : après les groupes de travail sur les filières de l’éolien terrestre et de la méthanisation, un groupe de travail sur la filière solaire est lancé ce mercredi 18 avril. L’occasion pour le syndicat des professionnels de l’énergie solaire, Enerplan, de formuler dix propositions.
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Pour le président d’Enerplan Daniel Bour, « l’énergie solaire conjugue compétitivité, rapidité de déploiement, et fort potentiel. S’appuyant sur des projets à l’échelle des TPE/PME, elle est créatrice d’emplois et de valeur dans les Territoires et dans l’Agriculture ». Il estime que « ses atouts en font une énergie incontournable, mais il est nécessaire d’en libérer le développement tout en veillant à ce que ce développement se fasse dans le respect d’une saine concurrence entre les acteurs en évitant tout abus de position dominante ». Ainsi, les propositions du syndicat « se concentrent autour de dix thématiques sur lesquelles nous attendons une réponse forte de la part du gouvernement à l’issue du groupe de travail », précise-t-il.
Premièrement, Enerplan souhaite voir croître la part du solaire dans le mix électrique, et fixer l’objectif d’atteindre au moins 10 % de la production électrique française d’ici 2028, « soit six fois plus qu’aujourd’hui ». Par ailleurs, le syndicat attire l’attention sur le potentiel du solaire thermique « sous-exploité en France ». Il s’agirait de « tripler le parc actuel de production de chaleur solaire à échéance 2028 en passant de 1,64 GWth à 5 GWth », indique Enerplan. Le syndicat souligne également le potentiel que représente la filière solaire pour les agriculteurs : « La réflexion doit porter sur le développement de la solarisation des bâtiments agricoles et le soutien à l’innovation pour créer et développer l’agrivoltaïsme ».
Simplification des procédures et développement du solaire dans les zones rurales et insulaires
Enerplan insiste également sur le rôle à jouer des collectivités territoriales et notamment des communes rurales, qui pourraient en « bénéficier économiquement ». Ainsi, le syndicat « préconise que la réflexion porte sur le développement de la location des terres communales, sur l’encouragement à la mise en place de PLU solaire-compatibles mais aussi sur de plus grandes retombées fiscales (nouvelle redistribution de l’IFER) ». Mais il s’agirait également de développer la production d’électricité solaire sur tous les territoires, y compris les territoires insulaires (zones non interconnectées). « La réflexion devra porter sur les objectifs de PPE solaire pour chaque Territoire et la mise en place d’appels d’offres réguliers pour atteindre ces objectifs, y compris avec stockage », indique Enerplan.
Par ailleurs, la question foncière est abordée par Enerplan, qui demandent à ce que les questions de terrains pollués, artificialisés ou délaissés, soient inscrits au débat. L’autoconsommation apparaît également comme un sujet porteur d’avenir selon Enerplan, mais « fortement freiné ». Il s’agirait donc de l’encourager et de lui offrir un cadre de soutien juridique et financier adapté. Enerplan souhaite également que les procédures d’autorisations d’urbanisme pour les centrales solaires soient simplifiées, et que les coûts de raccordements soient réduits. Le syndicat estime que le groupe de travail « est l’occasion de favoriser la mise en place d’un véritable partenariat entre les gestionnaires de réseaux et les promoteurs de projets et d’officialiser l’ouverture de la concurrence sur les travaux de raccordement ».
30.000 emplois d’ici 2030
Enfin, Enerplan souligne que le développement de la filière solaire devrait permettre la création de 30.000 emploi d’ici 2030. « Il est nécessaire de prévoir la formation pour accompagner ce mouvement. Par ailleurs il est indispensable d’encourager toute la filière industrielle impliquée y compris pour les secteurs liés comme le stockage mais aussi tout le développement des services digitaux qui accompagnent le développement de l’énergie solaire et l’optimisation de sa production et de son utilisation », estime le syndicat.