Le secteur des bâtiments représente à lui seul près d’un quart des émissions de gaz à effet de serre du pays, et près de la moitié de sa consommation totale d’énergie finale. Désormais tout le monde s’accorde sur l’objectif : sobriété maximum et décarbonation par l’électrification massive des usages. C’est sans compter sur une inquiétude grandissante définie par le récent rapport du Haut Commissaire au Plan : pourrons-nous fournir assez d’électricité pour couvrir tous ces nouveaux besoins ?
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Or, aujourd’hui, et ce depuis les années 1970, c’est l’électricité qui, aux côtés du gaz, répond à tous ces nouveaux besoins ! Adaptable à toutes les situations, elle a en effet réponse à tout depuis les années 1970. Néanmoins, si la demande d’électricité devient préoccupante, pourquoi ne pas se tourner vers les ENR thermiques ?
Géo-énergie, de l’or dans les sols
La géo-énergie est une technologie qui croît rapidement dans le monde, notamment en Chine où 443 000 Térajoules sont produits chaque année (alors même que c’est le pays par excellence de fabrication des pompes à chaleur!). Cependant, comme ailleurs en Europe, nous tardons à reconnaître la vertu de ce procédé et nous affichons un retard significatif. En France, le sous-sol a pourtant une inertie intéressante qui demeure méconnue.
Différente de la géothermie profonde qui consiste à aller à quelques kilomètres de profondeur chercher de la chaleur pour produire de l’électricité ou chauffer des quartiers entiers, la géo-énergie tire profit de la température constante du sous-sol peu profond oscillant entre 12 et 15°C, incarnant une source de chaleur l’hiver, et une source de fraîcheur l’été. De quoi tempérer naturellement (et sans appel de puissance sur le réseau électrique) nos logements et alléger d’autant l’effort énergétique nécessaire pour atteindre le niveau de confort thermique souhaité.
Solaire thermique, des solutions vieilles comme le monde
Vous l’avez tous testé en camping ! Un réservoir d’eau peint en noir qui chauffe au soleil et vous offre une bonne douche chaude ! Le solaire thermique permet de chauffer sa maison, son eau chaude, l’eau de sa vaisselle, de son linge et sa piscine. Par ce biais, il est possible pour un foyer d’auto-consommer entre 40 à 95% des besoins énergétiques, et de réduire la facture énergétique, les émissions de fumée et de carbone d’autant.
L’énergie solaire reçue sur notre toit ou jardin est captée par un panneau solaire. Elle nous prémunit des pénuries, des hausses du prix de l’énergie et même des pannes de chaudières en couvrant partiellement voire totalement nos besoins. Les ballons d’eau solaires permettent de stocker l’énergie et de passer plusieurs jours en autonomie. Ils peuvent aussi servir à stocker l’énergie en provenance du réseau électrique en lissant sa charge.
La géo-énergie et le solaire thermique sont des services énergétiques peu chers, à la fois flexibles et disponibles en continu. Utiliser les deux technologies en complément peut même s’avérer une stratégie optimale : le sous-sol sert alors de stockage inter-saisonnier pour les calories excédentaires produites l’été par le solaire thermique.
Ces procédés sont deux solutions complémentaires aux performances d’isolation du parc, dans la mesure où elles sont finalement très proches des services rendus par une enveloppe performante. Énergies locales, durables, gratuites, renouvelables et neutres pour les paysages ; autant d’atouts qui caractérisent les énergies thermiques. Elles nécessitent une faible maintenance, restent performantes longtemps et sont susceptibles de rendre des services à nos réseaux qui pourraient bien amener nos stratèges de l’énergie à les redécouvrir, si l’électricité venait à se faire rare ou chère...