Dans le cadre de la consultation publique sur la troisième Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE), l’association France Hydrogène exhorte le gouvernement à adopter une trajectoire ambitieuse pour le développement de l’hydrogène en France. Cette initiative vise à positionner le pays comme un leader dans le domaine de l’hydrogène renouvelable et bas-carbone. « La France doit fixer un cap clair et ambitieux pour garantir la compétitivité de ses industries et répondre aux enjeux de souveraineté énergétique », insiste Philippe Boucly, président de France Hydrogène.
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Développement des Infrastructures
L’association souligne également l’importance du développement des infrastructures de transport et de stockage de l’hydrogène. Elle préconise :
Le déploiement de 500 kilomètres de canalisations dédiées à l’hydrogène d’ici 2030. La mise en service de 3 TWh de capacités de stockage souterrain à l’horizon 2035, connectées à un réseau hydrogène. Selon la note d’analyse France Hydrogène, ces infrastructures sont essentielles pour « assurer la sécurité d’approvisionnement et stabiliser les coûts de l’hydrogène pour les industriels ».
Intégration dans l’industrie et les transports
L’hydrogène joue un rôle clé dans la décarbonation de l’industrie. Il permettrait notamment de préserver et développer des secteurs stratégiques tels que l’acier, la chimie et les engrais, qui sont aujourd’hui confrontés à des défis de compétitivité face aux coûts des énergies fossiles. France Hydrogène recommande donc de fixer des objectifs ambitieux en matière d’incorporation d’hydrogène dans les usages industriels et les transports, notamment :
- Carburants aériens de synthèse (e-SAF) :
- Objectif de 1,2 % en 2030.
- 4,5 % en 2032.
- 7 % en 2035.
Hydrogène dans les transports :
- 1,25 % d’hydrogène renouvelable et bas-carbone d’ici 2030.
- 6 % d’ici 2035 (soit 3,7 % hors e-SAF).
« Les carburants de synthèse sont une opportunité majeure pour la transition énergétique des secteurs difficiles à décarboner, comme l’aérien et le maritime », explique le rapport d’étude de BDO publié en janvier 2025.
Un enjeu économique et stratégique
Selon une étude menée par le cabinet BDO, un déploiement de 8,8 GW d’électrolyseurs en 2035 permettrait :
- Une réduction de 6 % de la consommation annuelle d’énergies fossiles en France.
- Une baisse de 4,4 milliards d’euros de la facture énergétique extérieure.
- Une contribution potentielle de 6 milliards d’euros à la réduction du déficit commercial.
De plus, le développement d’une filière intégrée autour de l’hydrogène pourrait générer jusqu’à 66 000 emplois d’ici 2035, notamment dans la fabrication d’électrolyseurs, de piles à combustible et de véhicules hydrogène. « Le développement d’une industrie souveraine et compétitive repose sur des investissements massifs et un cadre législatif stable », rappelle France Hydrogène.
Un appel à une vision claire et ambitieuse
France Hydrogène insiste sur la nécessité d’une trajectoire claire et ambitieuse pour assurer le succès de la filière hydrogène en France. Il est impératif d’inscrire des objectifs précis dans la PPE3 afin de garantir un cadre stable et prévisible aux industriels et investisseurs. « L’État doit donner un signal fort à l’ensemble des acteurs économiques et industriels », conclut le rapport de BDO.