Alors que 12.000 bateaux français sont mis hors d’usage chaque année, nombre d’entre eux sont laissés à l’abandon voire coulés en mer. Les Recycleurs Bretons, une entreprise spécialisée dans la déconstruction et le recyclage des bateaux de plaisance, lancent une campagne de sensibilisation, en partenariat avec l’éco-organisme APER, auprès des particuliers et des professionnels pour les inciter à recycler de façon responsable.
Présents depuis plus de dix ans sur ce créneau et comptant aujourd’hui 155 collaborateurs sur huit sites d’exploitation situés dans le Finistère, l’Ille-et-Vilaine et le Morbihan, les Recycleurs Bretons se targuent d’avoir participé activement à ce qui est devenu la première filière de déconstruction au monde et de recyclage des bateaux de plaisance en fin de vie. Ils se sont fixés comme objectif de démanteler 500 bateaux en 2020, mais il y a encore un travail de sensibilisation à réaliser auprès des plaisanciers, d’où l’idée d’une campagne à leur encontre.
En effet, la France compte plus d’un million de bateaux de plaisance immatriculés - contre 30.000 en 1966 - et 12.000 se retrouvent hors d’usage chaque année. Parmi ceux-ci, un grand nombre sont abandonnés ou coulés, représentant un risque pour l’environnement avec leurs coques qui ne se détériorent pas, ou encore les hydrocarbures qui se déversent dans la mer.
Objectif 20 à 25 000 bateaux recyclés en cinq ans
Cette campagne des Recycleurs Bretons est menée en partenariat avec l’Association pour une plaisance éco-responsable (APER), créée en 2009 par la Fédération des industries nautiques (FIN), qui est devenue l’éco-organisme officiel de la filière de déconstruction de bateaux et s’est fixée comme objectif de financer la déconstruction de 20 à 25.000 bateaux durant les cinq prochaines années. Concrètement, après une étude de chaque dossier, l’APER finance la déconstruction des bateaux et autres jets ski d’une taille de 2,5 à 24 mètres.
Il suffit pour le propriétaire de l’apporter vers un site de déconstruction ou de le confier aux Recycleurs Bretons, qui vont alors le désarmer, le dépolluer et le démanteler en triant les différents matériaux qui le composent. Les bois et métaux sont valorisés, tandis que les autres matières atterrissent sur le site de Guipavas (29) pour finir en combustible solide de récupération (CSR).
Au final, 90 % des composants d’un bateau peuvent être valorisés, sans que cela ne coûte de l’argent à son propriétaire. Chaque année, les Recycleurs Bretons affirment ainsi produire (avec le recyclage des bateaux mais pas seulement) 20.000 tonnes de CSR, mais aussi commercialiser 20.000 tonnes de métaux ferreux et non ferreux, collecter 50.000 tonnes de déchets industriels et commerciaux, et valoriser 35.000 tonnes de bois.