L’idée est née en 2019 à l’occasion du forum planet A, une association créée en 2017 qui place « l’agriculture comme une des réponses aux trois grands sujets pour les cinquante prochaines années : la sécurité alimentaire mondiale, la préservation des ressources naturelles et le réchauffement climatique », explique Benoist Apparu, maire de Châlons-en-Champagne, membre du conseil d’administration de planet A. Cette année-là, le rôle important des sols dans la captation du CO2 a été reconnu.
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Lancé fin 2020 pour deux ans entre l’Inrae et planet A, « le partenariat va permettre de réaliser pour la première fois un indicateur objectif, à la parcelle et sur l’ensemble du globe, de la quantité de CO2 que peuvent absorber ou émettre les parcelles agricoles en fonction des systèmes de production mis en place par les agriculteurs, explique Jean-François Soussana, vice-président à l’international de l’Inrae. Soccrop facilitera l’estimation des bilans de carbone à la parcelle dans une optique de gestion durable des sols et de lutte contre le réchauffement climatique. »
Données satellitaires et modélisation
Le projet d’indicateur Soccrop comprend deux volets complémentaires. Le premier repose sur les données de l’étude « 4 pour 1000 » et vise à analyser et modéliser la relation entre la durée de couverture du sol et le potentiel de stockage du carbone à l’échelle de la France. Ses résultats donneront lieu à un rapport au cours de cette année. Le second volet aura pour objectif de quantifier la durée de couverture des sols agricoles par les cultures annuelles ou les couverts végétaux à l’échelle parcellaire et sur l’ensemble des régions du monde en utilisant les données satellitaires « Sentinel » de l’Agence spatiale européenne. Les premières analyses seront rendues fin 2022. « L’estimation à l’échelle de la planète pourrait être disponible d’ici quatre à cinq ans », précise Jean-François Soussana.
« Soccrop est le chaînon manquant entre la réalité du terrain et les choix politiques », explique Jean-Pierre Rennaud, président du conseil scientifique de planet A. « Nous faisons le maximum pour convaincre la Commission européenne qu’il s’agit d’un sujet important », renchérit Philippe Mauguin, président directeur général de l’Inrae. Avec à la clé, la rémunération des agriculteurs pour stockage du carbone à l’aide des cultures intermédiaires qui ferait son entrée dans la politique agricole commune (PAC).